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    March 13

    *** L’Usure des jours, Lorette Nobécourt, éd. Grasset février 2009 ***

    Nuit blanche. Ca faisait longtemps. Bien au-delà du raisonnable, je me laisse absorber – j’absorbe. Je bois, à grosses gorgées à même la bouteille comme pendant la soif. Puis je bois plus doucement. Je me délecte du liquide vivant dans ma bouche, sur ma langue, se mêlant à ma salive. Je suis en train de lire comme ça ne m’était plus arrivé depuis… Depuis quand ?

    J’avale le texte d’une traite, m’offrant le luxe de reparcourir quelques paragraphes, quelques lignes, immédiatement, pour reprendre le fil : je fais des boucles, mais je ne peux pas m’arrêter. A part quelques secondes, à la fin d’un chapitre, pour accuser le choc ou digérer, le visage grave, les yeux fermés. C’est physique. Je sais déjà que ce livre, je le relirai ; j’anticipe le bonheur de le retrouver, avant même de l’avoir entièrement effeuillé.

    Il s’agit d’une de ces rencontres rares, dont on sait très vite qu’elles nous ont apporté plus que mille autres, même si elles ne durent que le temps fugitif de l’apparition d’une comète.

    Et tout cela, malgré la barrière du nom de l’auteur, du résumé de la quatrième de couverture, de la photo sur le bandeau. Tout ce conditionnement m’aurait plutôt découragée, à la réception du bouquin. Mais j’en avais lu des extraits dans un magazine, et les mots n’étaient pas trompeurs.

    "Le détachement est un bûcher de sensibilité brûlée vive. Notre lien est finalement devenu cette peau intime très douce et insensible en moi qui est celle des grands brûlés." p.23

    "Lire, écrire, c'est coudre un livre après l'autre les morceaux d'une tunique fabuleuse pour s'en aller, joyeux, vers sa propre mort. Cette laine de mots, c'est sur son propre dos que l'écrivain la tond." p.49

    Les chapitres qui m'interpellent le plus : Suicide - Exaltation - Dislocation.

    Projection ? Je reçois ce livre comme le témoignage d’une maniaco-dépressive qui ne dit pas son nom… Parce qu’elle refuse de s’enfermer dans la maladie. C’est dérangeant pour moi, car contrairement à la narratrice, je n’ai finalement pas refusé la médication, et je ne parviens pas (plus ?) à sublimer cette expérience aigüe de la vie à travers la création artistique, l’écriture, en particulier. C’est comme si ce livre me pointait du doigt… Appuyant là où…

    Et puis, finalement, je me dis que mon parcours est différent de celui de Lorette Nobécourt, bien que la violence des exaltations et des dislocations soit si proche. Je n’ai pas le schéma familial sur lequel elle se reconstruit. Je me reconstruis à ma façon. Et y en a-t-il de meilleures que d’autres ?

    La grande qualité de L’Usure des jours, outre l’extraordinaire justesse de description d’une sensibilité extrême, c’est qu’il bouscule, pousse à se réinterroger, fait resurgir ces tissus cicatriciels que l’on veut oublier trop vite, trop facilement. C’est douloureux, mais salvateur.

    La question que je me pose : comment ce livre est-il perçu par un autre lecteur souffrant de troubles bipolaires ; et surtout, par un lecteur n’en souffrant pas ?
     
    January 28

    En travaux...

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    February 14

    Fait d’hiver

     

     

    Robert avait un visage noir de crasse par endroits et un sourire édenté. Impossible de dire s’il était narquois. Sous la crasse on devinait quatre-vingts ans bien tassés. Pourtant je l’ai surpris un après-midi d’été, torse nu, les bras en croix, pendant une sieste dans l’herbe. Et j’ai d’abord cru poser mon regard sur un homme jeune, au corps mince et musclé. Quand j’ai compris que c’était Robert, je me suis arrêtée quelques secondes pour vérifier s’il respirait encore. Après avoir vu sa poitrine bouger j’ai continué de le regarder un peu, avant de repartir avec un léger sentiment de culpabilité.

    Insolite apparition de la peau d’un personnage, habituellement couvert de la même couche de vêtements miteux, quelle que soit la saison. Ils étaient de la couleur des murs et de leurs toiles d’araignées.

    Robert conduisait des Dyane plus ou moins bleues, plus ou moins vieilles. Il pilotait ses machines agricoles avec une agilité surprenante. Il laissait parfois les vaches cavaler en liberté ; ça semblait l’amuser. Ses ruches faisaient un petit village aux derniers rayons du soleil. Robert pissait dans son potager. Il s’en foutait pas mal d’être aperçu par les promeneurs qui traversaient sa ferme.

    Robert vivait seul depuis la mort violente de son frère, tué par des cambrioleurs qui avaient voulu profiter de l’isolement de leur maison. Il continuait sa vie de paysan. Robert semblait ne rien attendre.

    On a retrouvé Robert vendredi dernier, mort, complètement nu au pied de l’échelle de sa grange. Les héritiers ont commencé à aligner dans la neige, près des arbres arrachés, le matériel qu’ils pourront marchander.

     

     

    (Voir album photos fait d'hiver)

    January 30

    Mot du jour:

     
    évadé
     
     
    Ce mot m'est venu je crois de mon rapport actuel au temps, qui est à la fois mon mode de fuite, et ce que je fuis.
    Le temps me coule comme du sable entre les doigts, et je me sens toute dispersée... Le temps me coule.
    C'est à la fois inquiétant et tentant, comme de se laisser emporter par le courant.
    Et je n'arrive pas à aller me coucher le soir.
     
    November 18

    Des pages de bonheur

     

    Quelques livres m'ont happée entre leurs pages, dernièrement; il faut que je vous en parle...

     

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    Les livres de Frédéric Clément : ceux-là me sont tombés dessus de l’un des rayons de la bibliothèque.

    D’abord, Le livre épuisé. Esthétiquement étonnant. Je le parcours, je n’ose pas y croire. Mais c’est résolument très beau. Je m’arrête surtout sur les photos, irrésistiblement nostalgiques, d’un livre perdu dans un abandon noir et blanc. J’observe aussi les « tableaux », mélangeant les textures, les matières, les morceaux de réalité... Frédéric Clément a tout fait. Ecrivain photographe illustrateur, il est classé dans le secteur jeunesse, mais je trouve dommage d’en priver les adultes !

    Malgré sa grande qualité, Le livre épuisé a fini par le devenir véritablement.

    Heureusement, on peut trouver de cet auteur d’autres livres magiques :

     

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    Muséum est le carnet de voyage d’une entomologiste qui a su lire, dans les ailes de certains papillons, les souvenirs éclatants de l’âme de personnages inoubliables…

     

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    Le Magasin zinzin propose une liste d’articles plus poétiques les uns que les autres : on peut y voir, en photo, un cil de la Reine de Saba, une ombre de petit prince, des graines de carrosse, un caillou du petit Poucet, un billet gagnant pour un tour en tapis volant…

    Enfin l’écoute des extraits de Grains de beautés et autres minuties d’un collectionneur de mouches, lus par l’auteur sur son site http://www.fredericlement.net/, est pleine des promesses.

     

    Références des livres et autres infos :

    http://www.fredericlement.net/

     

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    Chez ma libraire préférée, c’est un volume d’un gabarit proche de l’annuaire qui me tend les bras : il est rempli d’illustrations joyeuses, de mots libérés et délirants. Des citations de poètes et des suggestions d’écriture à chacune des 365 pages d’une année que Bernard Friot (auteur d’Histoires pressées) place sous le signe de l’expression poétique.

    Bon, ok, c’est encore un bouquin destiné, en principe, à la jeunesse. Je vais finir par croire que je suis restée très jeune. J’ai emporté L’agenda du (presque) poète.

     

    « Aimer la poésie, c'est aimer le monde tel qu'il aurait pu être.

     

    Alain Bosquet

     

    Une année entière passée en poésie ?

    - Pour découvrir des langages multiples, de nombreux textes,

    - pour entrer dans un rythme, une musique, un espace,

    - pour expérimenter aussi : essayer, oser, manipuler, inventer, imiter, rafistoler ...

    Une année en poésie en compagnie de Bernard Friot et d' Hervé Tullet pour aider le (presque) poète à affirmer sa voix. » 

    Site des éditions de La Martinière : http://www.lamartinierejeunesse.fr/livre/Agenda%20du%20(presque)%20po%E8te%20/9782732436012

     

     

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    Toujours chez ma libraire préférée, un nouveau trésor vient de faire grimacer mon compte en banque - quelle importance, en regard de l’émerveillement où m’ont placée les précieuses pages !

     

    « Alan Humerose  a parcouru pendant deux ans les réserves des musées genevois et il en a tiré des photos superbes. Il les publie dans un livre, Le Vertige des Réserves, édité par Glénat. Un livre qui n'est pas le catalogue de l'exposition, mais un objet en soi. De format pratique, maniable, de qualité excellente.
    On y trouve des  ambiances incroyables, mystérieuses.  Des objets surprenants. Des tableaux relégués là par le caprice de la mode ou des expositions. Des masques. Des parures. Des j
    ouets. Des silex dans une caisse. Des accumulations d'outils mystérieux. Des boîtes en carton numérotées.  Des dossiers. Des classeurs. Des répertoires. Des oiseaux empaillés, des os. Des alignements de têtes de statue, des torses. Objets victimes du temps et du désintérêt.  Une tristesse et un émerveillement sourdent de ces photos qui s'organisent en univers cohérent.
    Parce que même si les lieux sont différents, si les scènes sont prises dans les caves du musée d'ethnographie, ou d'art et d'histoire, ou d'histoire naturelle, il y a une parenté d'ambiance et de langage. C'est une histoire de technique photographique probablement. Il faudrait interroger Humerose... 
    Cette parenté est une histoire de vision aussi. Les images semblent sorties d'une sorte de grand grenier magique et inépuisable, et on se retrouve finalement plus dans l'imaginaire d'Humerose que dans des lieux précis au contenu scientifique. »

    Alain Bagnoud

     

     

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    Le dernier ouvrage qui m’ait fait de l’œil s’appelle Petite brocante intime, chez Flammarion.

    Plusieurs auteurs, dont le couple Delerm, y recensent des objets désuets, un peu ridicules, mais chargés de souvenirs et d’émotions. Pour chacun, une « fiche technique », suivie d’une histoire…

    Ephéméride, osselets, charentaises, nain de jardin, bigoudis, c’est un peu comme si l’on ouvrait la boîte d’enfance qui se cachait derrière le mur de la salle de bain d’Amélie Poulain.

     

     

    Les prix tournent autour d’une vingtaine d’euros. Ce n’est que mon avis, mais ça peut faire de beaux cadeaux…

    Si vous connaissez d’autres livres qui méritent le détour, exprimez-vous !

     

    March 30

    Souffle

     
     
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    "Quelle mort !
     
    Quel hasard !
     
    Quelle surprise !
     
    Ma volonté a choisi la vie !?
     
    Pourtant elle m'a fait peur, à moi et à beaucoup d'autres aussi."
     
    Film La leçon de piano, de Jane Campion
    November 29

    La dormeuse du val parle dans son sommeil

    Ecoutez ce que je ne dis pas...

     

    Ne soyez pas trompé par mon visage parce que je porte mille masques
    Et aucun n'est mon vrai moi.
    N'en soyez pas trompé, au nom de Dieu, je vous en prie.

    Je vous donne l'impression d'être sûr de moi,
    Plein de confiance et de tranquillité,
    Que je n'ai besoin de personne : Ne me croyez pas.

    Sous ce masque, il y a le vrai moi, confus, craintif, isolé.
    C'est pour cela que je me crée un masque, pour me cacher,
    Pour me protéger du regard qui voit.

    Et pourtant ce regard est précisément mon salut.
    A condition que je l'accepte, s'il contient de l'amour,
    C'est la seule chose qui peut me libérer
    Des murs de la prison que j'ai moi-même élevés.

    J'ai peur de ne valoir rien, de n'être bon à rien,
    Et que vous le verrez et me rejetterez.
    Alors, commence la parade des masques.
    Je bavarde avec vous,
    Je vous dis tout ce qui n'est rien,
    Et rien de ce qui m'est tout et qui pleure en moi.

    S'il vous plaît, écoutez soigneusement et essayez d'entendre ce que je ne dis pas.
    J'ai vraiment envie d'être sincère, vrai, spontané, d'être moi-même.
    Mais il faut que vous m'aidiez. Il faut que vous me tendiez la main.

    Chaque fois que vous êtes bienveillant, doux et encourageant,
    Chaque fois que vous vous efforcez de comprendre par véritable intérêt pour moi,
    Mon coeur a des ailes, des ailes très faibles, mais enfin des ailes.

    Par votre sensitivité, votre sympathie, votre puissance de compréhension
    Vous seul pouvez me libérer de l'ombre de mon incertitude,
    De ma prison solitaire.

    Ce n'est pas facile pour vous,
    Car plus vous m'approchez, plus je me défends.

    Mais on me dit que l'amour est plus fort que les murs des prisons
    C'est en ceci qu'est mon espoir, mon seul espoir.
    Essayez, je vous en prie de faire tomber ces murs d'une main ferme
    Mais douce, car un enfant est sensible.

    Qui suis-je, vous demandez-vous ?
    Je suis quelqu'un que vous connaissez très bien.
    Car je suis chaque homme, je suis chaque femme que vous rencontrez,
    Et je suis aussi VOUS-MEME.

    Anonyme

    http://www.bonheurpourtous.com/botext/ecoutez.html

    October 10

    Comme à Oostende

    Accompagnée des mes deux ours sain(t ?)s, doux éléphanges-gardiens, entre odeurs de friture, effluves du large et scintillement de vanille épicée…

    Echappée au temps, pour un dimanche, les Scissor sisters à fond la caisse m’aidant à oublier mon trapèze contracturé « Ooh Ooh Ooh », j’ai rendu visite à la grande araignée qui veille sur la tombe d’Ensor.

    Bientôt j’embrasserai la beauté crépusculaire d’une tortue magnétique. Bientôt je ferai des rêves de chevauchée fantastique, entre chien et loup, lueur lumière, ni gris ni vert.

     

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     Araignée de Louise Bourgeois
     
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    Searching for Utopia - Jan Fabre

     

    July 02

    Quelle princesse êtes-vous?

     L'eau est une robe qui refuse qu'on la porte.
     
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    Humour, poésie et belles images, le livre "Princesses oubliées ou inconnues" de Philippe Lechermeier et l'illustratrice Rebecca Dautremer vaut la peine qu'on y glisse le nez, lez yeux et les doigts.
    A partir de 6 ans, et sans limite d'âge supérieure...
     
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    Je rêverais d'être Roma Manouche,
     
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    Mais je crois que je suis plutôt la princesse de la Molle, qui fait de la paresse un art... (surtout lorsqu'il s'agit de tenir mon blog à jour!).
     
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     Dormir, c'est se raconter des histoires qu'on ne connaît pas encore.
     
    May 09

    Nuits blanches

    (à mon insomniaque préféré)
     
     Je ne sais plus dormir lorsque les autres dorment
     Et tout ce que je pense est dans mon insomnie
     Une ombre gigantesque au mur où se déforme
     Le monde tel qu'il est que follement je nie
     Mes rêves éveillés semblent des Saint Denis
     Qui la tête à la main marchent contre la norme
     
     
     ARAGON, Le roman inachevé
    May 06

    Même combat?

    Clic là:

    http://s52.yousendit.com/d.aspx?id=1RNW9ION3IB842C3AU1UUREY25

    et là:

    http://s52.yousendit.com/d.aspx?id=3DUTZWCPTD6YH1VLE58D4V3JWY

     

     

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    C’est quoi, c’est qui, ces mecs chelous qui viennent pour raconter leur vie
    C’est elle, c’est lui, c’est moi, c’est nous, on vient même si t’as pas envie
    Mais si t’écoutes un tout petit bout, p’t-être bien que t’en sortiras ravi
    Et ça c’est important pour nous, c’est grâce à ça qu’on se sent en vie

    J’aime ces attaques un peu surprise, c’est un attentat verbal
    On a faim de se faire entendre, moi j’ai l’appétit cannibale
    Certains diront que c’est un peu naze et d’autres que c’est franchement d’la balle
    Quoi qu’il se passe on poursuivra mais crois pas que ton avis m’est égal

    Capable de faire irruption dans des endroits inattendus
    Dans des bars et des théâtres, tu nous a déjà entendus
    Mais on a déboulé aussi dans des collèges, dans des lycées
    Dans des squares et dans la rue, on a posé, toi-même tu sais

    Le principe est clair : lâcher des textes là ou et quand tu t’y attends pas
    Claquer des mots un peu partout et que ça pète comme un attentat
    Dans des salles ou en plein air, laisser des traces, faire des ravages
    Va demander au 129H ce qu’on appelle le slam sauvage

    On pose des textes énervés, ou de geon-pi sentimental
    On aborde un peu tous les thèmes avec ou sans instrumental
    Mentalement prêt à proposer partout un intermède vocal
    Une interruption sonore, un homicide amical

    Si je vois de l’écoute dans tes yeux, je voudrai te dire merci
    Et tu pourras me croiser partout sauf sur la scène de Bercy
    J’ai des paroles pour te réveiller et j’en ai pour te bercer
    Je te les offre sous les projecteurs ou dans le RER C

    Le plaisir de capter des regards un peu déstabilisés
    Qui se disent ceux-là, ils ont pas peur de se ridiculiser
    Le plaisir de capter des regards parfois remplis d’émotion
    Dans ces cas là, on sait qu’on a passé le test avec mention

    On prend la parole à l’apéro et on la prend au dessert
    Mais si les plus sceptiques nous disent "mais à quoi ça sert ?"
    A pas grand chose c’est vrai, j’avoue, si ce n’est à partager
    Des bons mots, des bons moments et des lyrics enragés

    C’est un poème, c’est une chanson, c’est du rap ou du slam
    Ferait tellement plaisir qu’après ce texte tu t’enflammes
    Appelle ça un ego-trip ou appelle ça du freestyle
    On est solide comme de la brique et fragile comme du cristal

    Les mots sont nos alliés, on les aime comme maître Capello
    Puis on les laisse s’envoler en musique ou a capella
    Et comme des flèches ils tracent, lancés par nos cordes vocales
    Puis on les entend résonner comme une bombe dans un bocal

    On arrive comme un accident dans des endroits insolites
    Tu nous verras souvent en groupe, on vient rarement en soliste
    Et même si tu te sens à l’abris, il faut jamais que tu t’emballes
    Tu peux subir à tout moment, un attentat verbal

    Maintenant tu sais qui c’est, ces mecs chelous qui viennent pour raconter leur vie
    C’est elle, c’est lui, c’est moi, c’est nous, on vient même si t’as pas envie
    Mais si t’écoutes un tout petit bout, p’t-être bien que t’en sortiras ravi
    Et ça c’est important pour nous, c’est grâce à ça qu’on se sent en vie

     

    Grand corps malade, Attentat verbal, 2004

     http://www.grandcorpsmalade.com/menu.htm

     

     

     

    Des armes, des chouettes, des brillantes
    Des qu'il faut nettoyer souvent pour le plaisir
    Et qu'il faut caresser comme pour le plaisir
    L'autre, celui qui fait rêver les communiantes

    Des armes bleues comme la terre
    Des qu'il faut se garder au chaud au fond de l'âme
    Dans les yeux, dans le cœur, dans les bras d'une femme
    Qu'on garde au fond de soi comme on garde un mystère

    Des armes, au secret des jours
    Sous l'herbe, dans le ciel et puis dans l'écriture
    Des qui vous font rêver très tard dans les lectures
    Et qui mettent la poésie dans les discours

    Des armes, des armes, des armes
    Et des poètes de service à la gâchette
    Pour mettre le feu aux dernières cigarettes
    Au bout d'un vers français brillant comme une larme

     

    Paroles: Léo Ferré. Musique: Noir Désir   2001  "Des Visages des Figures"

     

     

     

    SLAM?

    http://www.planeteslam.com/dossier/dossier.pdf

    March 06

    A la recherche des câlins perdus

     Un regard sur les relations humaines qui aide à en comprendre les fonctionnements et les enjeux, aussi bien chez soi que chez les autres. L'auteur fait de l'analyse transactionnelle un jeu "d'enfant"... Sans craindre les digressions, les exagérations, ni les plaisanteries. Finalement, je ne regrette pas de m'être laissé séduire par la couverture!
     
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    Par curiosité, j'ai ensuite lu le livre précédent de Giacobbe, "Comment arrêter de se prendre la tête et vivre enfin heureux". Les blagues et digressions y sont presque insupportables, mais les idées peuvent être très utiles aussi, pour qui a déjà été esclave de ses propres pensées.
    February 02

    Chaudoudoux

     Je profite d'un instant de répit que me laisse une grippe sévère pour vous faire partager un coup de coeur:
     
     
     Claude Steiner, le conte chaud et doux des chaudoudoux, InterEditions
     
    Du point de vue de la forme, ce petit bouquin s'adresse aux enfants; mais sur le fond, il parle beaucoup aux adultes, aussi.
    L'auteur est un psychologue spécialiste en analyse transactionnelle.
    Si de nombreux adultes pouvaient lire et méditer ce conte, puis le partager avec des enfants (ou inversement!), les relations entre individus en seraient améliorées, adoucies, embellies.
    Le programme: comment lutter contre la pénurie affective organisée?
    Tout en couleur, en chaleur, en douceur...
     
    En plus, lorsque j'ai découvert le livre la semaine dernière, j'ai été surprise par une coïncidence bien agréable: un personnage très important dans l'histoire porte le même prénom que moi! Hihihiii...
    January 28

    Amis?

    Vous reconnaissez vos amis à ce qu'ils ne vous empêchent pas d'être seul, à ce qu'ils éclairent votre solitude sans l'interrompre.
     
    Christian Bobin, L'inespérée
     
     
     
    Pollock
    November 12

    Chat noir

     Dilo
     

    Ca ne porte pas malheur si tu passes en dessous d'un chat noir, mais il n'y a presque personne qui le sait.

    [Pierre Legaré]

    Mots de tête

    Il est difficile d'attraper un chat noir dans une pièce sombre, surtout lorsqu'il n'y est pas.

    [Proverbe chinois]

    (ou version spéciale pour Kamal:)

    Un mathématicien est un aveugle qui, dans une pièce sombre, cherche un chat noir qui n'y est pas.

    [Charles Darwin]

     

    October 12

    Monsieur Butterfly tombe amoureux

     J'ai acheté ses ballons à crédit. J'ai aussi acheté à crédit une bouteille d'hélium et quelques fournitures dont j'avais besoin. Pendant que les employés s'en occupaient, j'ai observé son visage quand elle ne savait pas que je l'observais, et c'était absolument celui d'un enfant pendant qu'elle tripotait les ballons orange tout mous et dégonflés dans le sac, un visage plein d'émerveillement.
    - On dirait des poissons rouges qui attendent de naître, qu'elle a dit.
      Et c'est là que mon coeur a hurlé. Le premier hurlement depuis si longtemps parmi tant de murmures désemparés, le vrai cri après toutes ces années, et j'ai posé ma main là parce que j'ai pensé que je risquais de mourir. J'ai voulu l'écraser, le faire taire.
      Mais elle a pris mon bras quand nous sommes sortis et elle m'a regardé en ouvrant la portière et elle a souri quand j'ai baissé les yeux pour remarquer que lorsqu'elle était allongée sur le trottoir elle avait laissé l'empreinte d'un ange.
    "
    Howard Buten, Monsieur Butterfly, éd. Points page 67
    September 23

    Mot du jour

    Une poussière dans l'oeil
    Et le monde entier
    Soudain se trouble
     
    Alain Bashung, Happe
    September 22

    Funambules?

    (Clin d'oeil aléatoire)